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mercredi 10 mars 2010

Angkor What?

Un voyage de 9 jours qui, dès le départ, était basé sur la découverte. Partir avec quelqu'un qu'on connait seulement parce qu'on lui a parlé deux fois à l'arrêt de bus et qu'on est dans la même école; parce que ce quelqu'un partage la même envie de découvrir, de vivre cette année à l'étranger de façon toujours plus étrangère.

Me voilà donc sur la route du Cambodge, puis du Vietnam, avec Jean-Maxime, venu me retrouver à Singap la veille. Notre programme pour le Cambodge: visiter les temples d'Angkor pendant trois jours.

Auberge de jeunesse à Siem Reap, très chouette puisqu'elle nous prête des vélos gratuitement (on a aussi eu le droit à un massage khmer de 20 minutes gratuit mais relativement violent: j'ai eu le droit à des coups secs traditionnels sur la tête et la poitrine tandis que Jean-Maxime se faisait marcher dessus).
Nous voilà sur la route d'Angkor, à environ 3/4 d'heure de Siem Reap. Des routes qui font défiler les kilomètres au fur et à mesure qu'on s'enfonce dans la forêt. Les amis, je peux vous dire que ce voyage, j'ai été TRES sportive: comptez que rien que chaque temple était à 3 km environ des uns des autres et on en a visité une quinzaine...D'ailleurs la prochaine étape c'est le tour de France. C'est pas moi qui l'ai dit, c'est Jean-Maxime.

Mais la sueur et les 10 litres d'eau valent le coup: les temples me terrassent littéralement.
Leur architecture est incroyable et leur conservation l'est encore plus. Une atmosphère de sacralité et de plénitude les entoure, comme si cette bulle les rendait immortels. Le temps semble n'avoir en effet aucun impact sur eux.

On prend le chemin qui nous plaît, on expérimente la puissance du vide environnant en se perdant volontairement dans les dédales de ruines; et ce sentiment de liberté est unique.

D'un seul coup, on se sent Indiana Johns; d'un seul coup, on est seul au monde. A travers les labyrinthes, on traverse l'Histoire et on se laisse libre cours à notre imagination: les fêtes, les banquets, les prières...D'ailleurs, je me dis que ça serait très beau de faire son mariage dans un de ces temples...Jean-Maxime pense aussi (mais il faut que je le fasse avant lui, sinon y'aura plus aucun buzz). Mais apparemment, l'idée semble déjà avoir fait son chemin...
Les temples ont des noms exotiques: Angkor Vat, Angkor Thom, le Bayon, la Terrasse des Elephants, Neak Pean, Preah Khan...
Dans certains temples, on assiste à des cérémonies religieuses, dont une qui ressemble à une transe. C'est absolument fascinant, les fidèles sont comme happés par l'âme du temple...Leurs gestes, développés à l'extrême, semblent crever l'atmosphère pour faire corps à corps avec le temple. C'est un vrai spectacle chorégraphique. On observe, ébahis, la beauté de la scène.

Le Cambodge c'est aussi les enfants qui à chaque sortie d'un temple, veulent absolument te refourguer tout ce qu'ils vendent: cartes postales, bracelets...Quand tu leur dit que non tu ne veux pas acheter, ils te demandent "why?", et tu ne sais pas quoi dire. On m'avait dit "achète des stylos, des gommes avant de venir, ça leur fait plaisir". J'ai ainsi ramené des stylos funny; et c'est vrai, d'un coup leur éternel discours se mettait sur pause et ils n'ont d'yeux que pour le stylo...Des réactions qui rendent vraiment heureux. De grands moments.

Avant de quitter le Cambodge, on a décidé de prendre des cours de cuisine kmer dans un resto local! Je change les amis, me voilà sportive ET cusinière! Pour 10$, on t'apprend à cuisiner trois plats typiques. Nous, on a choisi les spring rolls, le curry kmer et la soupe à la noix de coco et à la banane. Et comme on est de Vrais cuisiniers, on a la Vraie tenue (en orange, s'il vous plait). On s'est même vu offert un tee-shirt "Proud to be khmer".

Nous voilà donc à manier des tonnes d' ingrédients dont certains aussi originaux que l'huile de poisson et l'huile d'huître ("mmm, j'en mets un tout petit peu...You don't mind, hein??". Of course, c'est délicieux, archi-heavy mais délicieux...et à la fin, tu dois manger tes trois plats! Viite, le vélo!!!
Je pense que cette petite expérience a d'ailleurs agi en moi comme une révélation, et que ce n'est pas la dernière fois que vous me verrez avec une toque (bon peut-être pas aussi trendy mais bon on fera au max). Je vous PROMETS que si je trouve l'huile d'huître, je vous fais ce curry khmer.
Foi de Fio.

mercredi 7 octobre 2009

De la photographe de mode...à la vendeuse de maquillage!

Hier était un jour pas comme les autres, un jour anecdotique comme on en souvient.
Tout d'abord, une expérience de terrain: pour la première fois, me voilà assistant toute la journée à un vrai shooting avec une vraie mannequin (que du vrai!) pour le numéro de Novembre de L'Officiel.
Peu nombreux dans le studio: deux stylistes de L'Officiel, Dora et Adora (oui, c'est subtil); un maquilleur, deux photographes et bien sûr mademoiselle Alyssa, top model russe de 19 ans. Arrivée à 8 a.m. L'ambiance est décontractée, mais ça ne traîne pas: les vêtements s'alignent sur les tringles, les boîtes de chaussures envahissent peu à peu la pièce, la mannequin commence à avoir plus jolie mine (ooooh Fiona ne sois pas mauvaise).



Mission n°1: repasser les vêtements. Petit instant de panique, me voyant déjà brûler les vêtements. Heureusement, Dora me montre un fer à repasser "spécial" qui ressemble à un aspirateur et qu'il suffit de passer "ça et là" sur les vêtements. Je m'applique.

Puis stickage des chaussures, la meilleure partie du shoooting.

J'ai adoré. Il a fallu mettre du papier autocollant sur toutes les semelles des chaussures (allez, 25 paires) pour éviter qu'elles s'abîment durant les 5 minutes où elles sont "potentiellement" portées par la mannequin (oui parce que malgrè mes tentatives "ah bon?pourquoi?", on stick toutes les chaussures, même celles qu'on va pas utiliser. C'est la loi.
Après avoir eu grandement peur, devant les tonnes de chaussures à sticker et le shooting qui commençait, j'ai fait quelques paires puis me suis glisser sur le plateau. J'avais pris mon (superbe) appareil et je ne vous dis pas à quel point l'envie me démangeait de prendre des photos du shooting.
Ce que j'ai évidemment fait.



C'était génial, j'ai adoré...à tel point que j'en oubliais un peu que j'étais là pour aider non pas le photographe (qui me donnait même des conseils...quand je vous dis que c'était génial) mais les stylistes. Donc je retournais parfois dans l'arrière-salle faire quelques petits trucs, mais j'ai passé beaucoup de temps à observer. C'est d'ailleurs grâce à mon appareil que j'ai beaucoup appris ce jour là. C'est grâce à lui que j'ai compris comment observer.

Petite pause conviviale à midi avec des plats apportés du food center d'à côté. Sauf pour la top-model qui ne voulait qu'une pomme. J'avais tellement pitié que j'ai pas pû m'empécher de lui dire que si elle en voulait une deuxième, jpouvais la lui chercher (côté mère juive quoi).
Apres une dizaine de series de photos et le tout dans la boîte, direction Raffles City avec Dora, la styliste, pour rendre les articles prêtés. Elle me laisse au métro mais je décide de faire un peu de shopping dans le mall tout compte fait. Je flâne dans les allées quant un jeune homme qui tient un stand de maquillage me sort brutalement de ma rêverie: "Ooooh! I wanna show you something, come on I offer you a make-up demonstration for free!" Why not, après tout j'ai rien à faire.

Il me fait son speech make-up mais tout en rigolant et en me demandant ce que je fais donc à Singapour. J'apprends qu'il s'appelle Hilik, qu'il est israelien, et que beaucoup d'israeliens viennent comme lui bosser dans des malls pour quelque temps. On se marre, et je lui dis que je suis sûre que je peux convaincre des gens d'acheter ses produits. S'ensuit un petit pari: si j'y arrive, je gagne un produit gratuit!
Me voilà donc avec la trousse de maquillage à la taille à accoster les passants et à vanter les profits de cette marque génialissime (je crois que le "Johor Bahru" a déteint sur moi).

C'est à ce moment là que la styliste avec qui j'ai travaillé toute la journée décide de passer devant moi. "Whaat are you doing here???" "Euh nothing, I am just working here for 5 minutes". Autant dire qu'elle n'a rien compris.

Finalement, deux petites singapouriennes se présentent à nous. Elles ont été bombardées de questions. A nous deux, c'était explosif, d'autant plus qu'il m'avait maquillé (ba oui, j'avais eu mon free-make up) et que leur exposait de façon pratique tout ce que je leur disais. Avec moi, elles ont quand même pris deux produits chacunes. Mais Hilik décide de pousser le bouchon un peu plus loin. Et bah en leur disant son prénom 5 fois et que si elles avaient un problème (bon à la base, de make up, mais au fond pas forcément), qu'il était là, toujours disponible; il leur a vendu un produit en plus chacune:) La vente est un art...
Du coup, ayant bien travaillé, j'ai eu le droit à deux produits (wouhouuuu)! Puis on est allé se faire un goûter donuts bien mérité. Quelqu'un de très sympa, un peu original aussi (il a un tatouage hallucinant sur le bras)...une agréable rencontre totalement imprévue, improbable...bref, intéressante!
Deux expériences professionnelles en une journée plus une rencontre enrchissante: je me souhaite beaucoup d'autres journées comme celle-là!
 
> vivre à Singapour